Franchise prévoyance 15, 30 ou 90 jours : laquelle choisir (et son impact sur le prix)

Artisan menuisier indépendant, bras en écharpe, dans son atelier à l'arrêt pendant un arrêt de travail

Sur un contrat de prévoyance, la franchise est une ligne qu’on lit trop vite. C’est pourtant elle qui fait le plus varier la cotisation. Elle correspond au nombre de jours d’arrêt que vous encaissez sans être payé, à chaque arrêt de travail. Tout se joue sur un seul réglage : assez court pour ne pas rester des semaines sans revenu, assez long pour ne pas payer une cotisation inutilement élevée.

Voici comment trancher, avec des chiffres plutôt qu’au feeling.

Une franchise, c’est un délai — pas une somme

Le mot prête à confusion. En assurance auto ou santé, la franchise est une somme qui reste à votre charge ; en prévoyance, elle ne coûte rien, elle se compte en jours. Ce sont les premiers jours d’un arrêt de travail pendant lesquels vous n’êtes pas indemnisé, et cela repart de zéro à chaque nouvel arrêt. Une franchise de 30 jours ? Vous touchez vos indemnités à partir du 31e jour, jamais avant. Si vous voulez le détail du mécanisme, on l’explique dans ce que recouvre exactement la franchise.

Un point qui perd tout le monde : la franchise n’est pas unique. La plupart des contrats affichent une notation du type 30 / 3 / 3, qui veut dire trois franchises différentes selon la cause de l’arrêt :

  • Maladie : la plus longue, 15, 30 ou 90 jours selon l’option choisie.
  • Accident : très courte, souvent 3 jours, parfois 0.
  • Hospitalisation : courte aussi, généralement 3 jours.

C’est donc la franchise maladie — celle sur laquelle vous avez la main — qui fait l’objet de l’arbitrage 15 / 30 / 90. À ne pas confondre avec le délai de carence, qui, lui, s’applique en début de contrat.

15, 30 ou 90 jours : l’impact réel sur la cotisation

La règle est simple : plus la franchise est courte, plus vous êtes indemnisé tôt, plus vous payez. Voici l’ordre de grandeur pour un même contrat.

Franchise maladieIndemnisation à partir deCotisation
15 jours16e jourLa plus élevée
30 jours (standard)31e jourRéférence
90 jours91e jourLa plus basse

Concrètement, raccourcir sa franchise maladie de 30 à 15 jours coûte généralement 15 à 25 € de plus par mois. Dans l’autre sens, passer à 90 jours peut alléger la cotisation de 20 à 25 %. Ce sont des ordres de grandeur : le montant exact dépend de votre âge, de votre métier et du niveau d’indemnités choisi.

Passer de 30 à 15 jours de franchise : environ +20 €/mois. Allonger à 90 jours : jusqu’à −25 % de cotisation.

Mais le vrai coût d’une franchise longue ne se lit pas sur la cotisation : il se lit sur votre compte en banque le jour de l’arrêt. Avec 90 jours de franchise et 3 000 € de revenu mensuel, ce sont près de 9 000 € que vous devez sortir de votre trésorerie avant de toucher le premier euro. Voilà l’arbitrage réel.

Petite boutique d'independant fermee en pleine journee, rideau metallique a moitie baisse

Laquelle choisir selon votre situation

Le bon délai ne dépend pas de votre goût du risque, mais de votre capacité à tenir sans revenu. La question à vous poser : combien de temps mon foyer et mon activité peuvent-ils encaisser un arrêt sans rentrée d’argent ?

  • Franchise 15 jours — si vous n’avez quasiment pas d’épargne de précaution, si vos charges (loyer pro, crédit, famille) tombent tous les mois et qu’un mois sans revenu vous met en difficulté.
  • Franchise 30 jours — le compromis de la plupart des indépendants : une cotisation raisonnable, et un mois à absorber, ce qui reste gérable avec un minimum de trésorerie.
  • Franchise 90 jours — seulement si vous avez une vraie épargne de secours (au moins trois mois de charges de côté). Vous payez moins, mais vous assumez le début seul.

Notre verdict : sans épargne de précaution, ne descendez jamais en dessous de 30 jours par souci d’économie — les 20 € gagnés par mois ne pèsent rien face à trois mois sans revenu. La franchise longue est un choix de trésorier, pas une bonne affaire par défaut.

Le piège que personne ne regarde : la rechute

Deux détails passent sous le radar au moment de comparer, et ils changent tout en cas d’arrêt long ou répété.

La reconduction de la franchise en cas de rechute. Si vous reprenez le travail puis rechutez pour la même cause, certains contrats vous réappliquent l’intégralité de la franchise à chaque reprise. Un bon contrat prévoit au contraire qu’une rechute rapprochée ne redéclenche pas le délai. Sur une pathologie qui va et vient, c’est décisif.

Franchise continue ou discontinue. Une franchise « continue » exige des jours d’arrêt d’affilée ; une franchise « discontinue » additionne les jours d’arrêt sur une période, ce qui vous couvre bien mieux si vos arrêts sont fractionnés. À garanties égales, ce mot dans les conditions générales fait une vraie différence.

C’est exactement le genre de clause qu’un tableau de prix ne montre pas : il faut lire les contrats ligne à ligne, en repartant par exemple du coût global d’une prévoyance maintien de salaire pour voir où la franchise pèse dans le total.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une franchise en prévoyance ?

C’est le nombre de jours d’arrêt de travail non indemnisés au début de chaque arrêt. Contrairement à une assurance auto ou santé, elle ne retient pas une somme d’argent : elle décale le premier versement dans le temps. Une franchise de 30 jours signifie une indemnisation à partir du 31e jour.

Que signifie la franchise 30/3/3 en prévoyance ?

C’est la franchise appliquée selon la cause de l’arrêt : 30 jours en cas de maladie, 3 jours en cas d’accident, 3 jours en cas d’hospitalisation. La franchise maladie est la plus longue et la seule que vous ajustez vraiment (15, 30 ou 90 jours).

Qu’est-ce que la franchise de 90 jours ?

C’est l’option de franchise maladie la plus longue : vous n’êtes indemnisé qu’à partir du 91e jour d’arrêt. Elle réduit nettement la cotisation, mais suppose de pouvoir vivre trois mois sur votre épargne avant le premier versement. À réserver aux profils disposant d’une trésorerie solide.

Franchise ou délai de carence : quelle différence ?

La franchise s’applique à chaque arrêt (les premiers jours non indemnisés). Le délai de carence, lui, s’applique une seule fois, en début de contrat : c’est la période après la souscription pendant laquelle certaines garanties ne jouent pas encore. Les deux se vérifient, mais ne se confondent pas.

La franchise n’est pas une case à cocher au hasard : c’est le point où votre cotisation et votre trésorerie se rencontrent. Calez-la sur ce que vous pouvez réellement encaisser, puis vérifiez les clauses de rechute. Pour chiffrer votre cas plutôt que de deviner, faites analyser votre contrat actuel ou lancez la comparaison ci-dessous.

Comparer les franchises des contrats

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le site comparateur-prevoyance.com fournit des informations qui sont données à titre purement informatif et les interprétations et commentaires relatifs aux contrats ne constituent en aucun cas des certitudes. En dépit du soin apporté à l'analyse du contrat par nos experts en prévoyance, des erreurs d'interprétation ou omissions ne sont pas à exclure. Les seules certitudes contractuelles figurent dans la notice d'information contractuelle qui vous est fournie dans le présent pdf. A noter enfin que les contrats évoluent, les assureurs sont amenés à modifier leurs conditions d'indemnisation. Par conséquent, il convient toujours de vérifier les dernières conditions générales en vigueur car les informations fournies concernent la version de contrat analysée dont nous vous fournissons la notice d'information.
Retour en haut